teston écrivain poète

 
 
  
                                
   
 
                                     michel teston écrivain, poète.
 

 


"Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone!" (Baudelaire)


Ivresse

Ce soir tu n'es pas là
Ce soir je t' ai perdue
Seule l'ivresse pourra me consoler.
Comment combler le vide infini de ton absence?
Pour te remplacer
Le monde entier ne suffit pas.

Cependant, mon âme s'ouvre ce soir
A la musique
Qui me pénètre, me traverse et me remplit
Par sa mélancolie.
C'est étrange, mais ce soir que tu n'es pas là
Je me sens plus réceptif à tout ce qui m'entoure
Les choses brusquement
Prennent davantage de sens et de relief.

Cependant, je suis allé me recueillir près de la jetée
Face à la mer mugissante.
J'avais oublié la mer
Ce soir, elle vient revivre en moi
Elle prend plus de place et plus d'importance
Elle rugit plus fort que d'habitude
Elle écume plus blanc
Et sa mousse court
Court longtemps jusque vers moi
Dans le sable fin
Et je voudrais goûter à la mer
Comme on goûte à une coupe de champagne
Qui pétille en moussant.

Cependant, je lève mon verre
Seul
Dans cette taverne obscure
Et l'onde du champagne
Comme la mer et la musique que j'entends
M'enivre et me repose.

Cependant, je voudrais bien pouvoir me remplacer
O toi qui es tout à la fois
Mon champagne, ma mer et ma musique.

© Michel Teston


 

                                        

                 "Les Frustrations"  livre de poèmes de Michel Teston, 1991, édité par l'auteur

              Liens :   http://teston.centerblog.net

                    Les poèmes de cette page sont extraits des "Frustrations"  ISBN 2-9501967-5-6

 

L'abandon

 

Erato, jeune fille de seize ans,

Sais-tu que ton corps est appelé

Aux plus belles promesses?

Tu ignores ton propre corps,

Pourtant, Dieu sait s'il est beau!

Mais je ferai tout ce que tu voudras de ce corps.

Tu n'oses pas porter des cheveux longs,

Et tu ne sais pas te peigner,

Mais tu verras, je t'apprendrai tout ça ;

Je te ferai découvrir

Toutes les ressources de ton corps.

Je saurai te peigner et te dire

Quelle doit être la longueur de tes cheveux,

Et tu verras, encouragée, soutenue

Tu te libéreras de tes complexes.

Je saurai te dire

Quelle robe tu dois porter,

Quels sont les vêtements que tu dois enlever :

Tu te libéreras en découvrant la beauté de ton corps,

Et en la montrant à tout le monde.

Alors, le jour où tu m'aimeras

Et où tu connaîtras

Toute l'éloquence de ton corps,

Le jour où tes cheveux caresseront tes reins,

Alors tu n'auras plus peur de rien

Et tu oseras tout ;

Tu te sentiras heureuse, épanouie,

Alors joyeusement tu te dévêtiras,

Avec cet art et cette aisance retrouvés,

Et parfaitement belle, et parfaitement nue,

Tu t'abandonneras. 


  © Michel Teston

  

 

Abandonné

 

Ne m'abandonne pas

Ne m'abandonne pas

Il est trop triste d'être seul dans la nuit,

Je veux te sentir auprès de moi,

Il est trop triste de sentir s'instaurer

Le silence,

Le silence qui rend fou

Je peux me promener seul dans la foule,

je peux m'endormir seul,

Je peux m'endormir dans l'obscurité

Pourvu que j'entende des voix et des bruits familiers,

Pourvu que j'entende grouiller la vie,

Mais je ne peux pas supporter le silence, la nuit

et la solitude quand ils viennent tous à la fois,

Pour tromper mon angoisse il me faut au moins

l'illusion de la foule,

Comme si ces gens que je ne connais pas

Et qui me serrent les coudes dans la rue,

Comme si ces filles qui m'offrent le spectacle de

leur beauté, à défaut d'autre chose,

Comme si ce bruit qui m'abrutit

Pouvaient te remplacer auprès de moi.

Ne m'abandonne pas

Ne m'abandonne pas même si je ne te connais pas

Et ne t'ai jamais connue

Toi le mystère que je cherche

Toi la vérité, toi l'amour,

Toi ma moitié et mon mystérieux complément,

Ne m'abandonne pas, ne m'abandonne pas,

J'ai peine à croire que je suis venu en ce monde

pour être seul et inutile, t inutile,

J'ai peine à croire que ma véritable destinée

Soit de rester abandonné.

 

    © Michel Teston

      

 

 © Michel Teston, professeur de lettres,

paysan, ouvrier, édudiant, soldat, bibliothécaire,

postier, animateur Radio, journaliste, etc. etc., et...

raté, incompris, marginal, borderline, misunderstood, poète underground et maudit. 

 

 

 

 

 

 © Michel Teston poète et troubadour, château de Craux, 07530 Genestelle

 

Quelques unes de mes vidéos:

 

 http://www.youtube.com/watch?v=uAnlycNXips

 

 

 © Michel Teston, romancier, auteur dramatique

 

A Largentière

 

 

Largentière

Ma terre natale

Largentière

Ma terre foetale

 

Et mon château hospitalier

Mon château du comte de Toulouse

Qui se croisa pour Jérusalem

Avec Adhémar de mon Teil!

 

Largentière

Et ma mère et mon père

Largentière

Et mes soeurs et mes frères.

Et mon église baptismale

Plus ancienne que Notre-Dame

Mon évêque, comte du Vivarais

Et mon Saint Empire Romain Germanique!

 

Largentière

Mon Languedoc Occitanie

Largentière

Mon Vivarais et ma Provence.

Et mes Celtes et mes Gaulois

Et mes pauvres premiers chrétiens

Mes Juifs des Saintes-Maries-de4a-Mer

Et mon pauvre saint Andéol

 

Largentière.

De lune et d'argent la pierre

Largentière

De rouge et d'or la bannière.

Et mes Romains et mes Vandales

Et mes Wisigoths, mes Francs, mes Burgondes

Et ma joyeuse épée de Charlemagne

Et ma fugace Lotharingie!

 

Largentière

Ville de mon passé, salut!

Largentière

 

A tous, présents et à venir, salut!

 

©  Michel Teston ("Les Frustrations")

 

 

 

 

 

 

 

Absurdité

 

Ah! je voudrais m'endormir,

M'endormir dans tes bras, mon amour,

Et ne plus jamais me réveiller.

O dis-moi, dis-moi donc mon amour,

Pourquoi je ne suis pas aimé,

Pourquoi je suis seul au monde

Et pourquoi ma vie est sans raison.

La vie n'a pas de sens quand on est solitaire

Et pourtant je suis seul sans l'avoir désiré

Et je ne puis sortir de cette solitude.

Vivre sans avoir de raison de vivre

N'est-ce pas là le comble de l'absurdité ?

 

 Michel Teston   "Les Frustrations"

 

 

 

 

  

  © Michel Teston , conteur, nouvelliste

 

Liens: Voir ma video poétique , mon blog, de plus larges extraits, mes poèmes audio musicaux: 

Ci-dessous mon blog où vous trouverez aussi ma chanson "Revoir son pays" interprétée et mixée par Julian Renan:

 http://teston.centerblog.net/31-le-vent-dans-les-cypres-ii-teston-michel

 

 L'Ardèche ou l'Ordecho en patois:

 

https;//youtu.be/Je41MGIMb4k

 

Adresse de  mon blog:  http://teston.centerblog.net

 

Si les liens ne marchent plus voir ma page:

Michel Teston youtube

pour mes vidéos, poèmes musicaux, chansons et  playlists.

.

 

  

 

 

 

 Une nuit à la belle étoile.

 

Depuis longtemps déjà, j’étais las de cette routine coutumière. Je rêvais de

nouveauté. De plus, je devenais homme, et je voulais le prouver plus aux autres qu’à

moi-même. Ainsi, un

jour, je me suis décidé à faire un acte qui serait en somme le symbole de mon

entrée dans la vie. Mon avis est que pour devenir un homme au sens propre du mot,

il faut vivre, c’est-à-dire souffrir, non pas au sens de la maladie, mais au sens de

l’effort.

Il faut lutter contre soi-même et accepter la souffrance comme la joie. Il faut se

commander à soi-même et se lancer à corps perdu là où l’esprit l’a exigé.

Aussi, depuis quelques temps, je m’étais mis dans la tête d’aller coucher une nuit

seul dans la montagne. Malheureusement, que ce soit le fait de la peur ou celui de la

paresse, chaque soir voyait s’évanouir le beau rêve de la journée, car je me

dégonflais au dernier moment. Mais, ce jour-là, révolté contre les réprimandes

habituelles de mes parents, je partais brusquement pour la montagne. Oh! il ne

s’agissait pas là du Mont-Blanc, et la montagne en question n’était éloignée que de

quelques kilomètres; mais tout de même, seul, avec ses propres moyens, ce n’était

pas là une idée courante.

Après avoir gambadé un bon moment, libre et folâtre, je dus bientôt m’occuper de

mon lit, si je puis dire: une couverture pliée en deux fit l’affaire. En guise d’oreiller, je

coupai quelques ramilles de genêts que je disposai au bout de la couverture; je

m’allongeai ensuite au milieu des bruyères, puis patiemment, après avoir mangé un

dernier bout de pain et bu une dernière goulée de vin, j’attendais l’épreuve, à savoir,

la nuit...

Quelle drôle d’impression que de se sentir isolé, perdu! Jamais on éprouve mieux

cette sorte d’angoisse qu’en haut d’une montagne ardéchoise. C’est un ennui qui fait

que tout ce qu’on éprouve est déformé, gâché. Il semble qu’on soit le seul témoin de

tout ce que l’on voit ou l’on ressent, et c’est peut-être pour cela que nos sens nous

trompent. Tout désormais appartient davantage au rêve et à l’imagination qu’à la

réalité. C’est pourquoi ce mauvais rêve donne une impression de cauchemar. On

voudrait dire que c’est beau, mais personne n’est là pour l’entendre. On est

irrémédiablement seul et rien ne répond. On est mystifié par la nature. On éprouve

aussi ce sentiment d’attente interminable qui se transforme en supplice pour celui

qui n’est pas né poète.

L’homme pratique en effet ne peut pas supporter de voir le temps s’écouler sans rien

de nouveau, sinon l’astre qui descend peu à peu, ou la lune qui monte.

On a là l’impression de ne rien faire, comme si on était inutile à la création; on a

aussi l’impression de durer, on sent notre impuissance devant le temps, et, tandis

qu’on attend sans rien faire, il semble qu’on ne vit plus...

L’homme-travail, cette machine à emboutir le temps, ne peut pas rester seul ainsi;

pour lui, la solitude, ce sera un nouveau travail qu’il fera seul cette fois.

Seuls, le poète oisif et le philosophe paresseux resteront là sans rien faire et sans

s’ennuyer.

Je croyais devenir mélancolique, romantique, artiste. Eh bien! non, rien de tout cela,

ce sentiment d’inexistence efface tout.

Lorsqu’on est seul, je ne sais si c’est parce que l’on ressent son impuissance, mais

on perd tous ses sentiments même les plus violents. On est mis à nu, désarmé; et

même on oublie tout, ne pensant plus à rien et l’on redevient cet homme sans

passion dont parle Pascal. On dort tout éveillé...

Ce qui est remarquable aussi, c’est le bruit, ou plutôt les bruits...

 

Tant et si bien, qu’au début de la nuit, une peur absurde s’est alors emparée de

moi... Ce bruit que j’entendais près de moi, était-ce un serpent qui rampait près de

moi pour me piquer maintenant ou lorsque je dormirai... Ce grand bruit un peu plus

loin dans les feuilles sèches, était-ce un hibou, un loup, ou quelque tigre, quelque

monstre, quelque dragon?

Et cet autre bruit, était-ce un fantôme à la clarté de la lune?

Mon regard essayait de voir au loin quelque ombre bouger dans le noir. J’écarquillais

les yeux, mais je ne voyais jamais rien d’anormal, sinon mon imagination qui

interprétait les ombres...

Et presque en même temps, encore un autre bruit, mais de l’autre côté... et toujours

rien à voir dans le noir...

Finalement j’ai eu peur de tous ces fantômes, j’ai même cru à la présence des

démons et du diable. A défaut d’être tué par un monstre, ou par un vagabond de

passage, j’ai même eu peur de me perdre moi-même et de me suicider, tenté sans

doute par le diable...

Alors, je dois dire, que j’ai arrêté là l’expérience de dormir à la belle étoile, à la

cime d’un serre, ou, si on préfère, à la cime d’une montagne ardéchoise, et sans

demander mon reste, j’ai pris mes cliques et mes claques et je suis vite retourné en

pleine nuit à la maison chaleureuse qui m’attendait et que je n’aurais jamais dû

quitter!

 

© Michel Teston, "Journal et pensées d'un jeune poète des années 60".

 Lien (peut-être périmé) sur ma biographie :

 fracademic.com/dic.nsf/frwiki/1158429/Michel

 

 Mes playlists  pour ceux qui veulent m'écouter un moment :

http://www.youtube.com/playlist?list=PLJTHEUIXnhntKYlZRliANeqPgMCC_EY5W

 www.youtube.com/playlist

 www.youtube.com/playlist

Voir la totalité de mes playlists, et donc de mes vidéos, en page 1 de ce site.

 

Bonne écoute.

 

 

 

 

visites